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Culture

J-9 : le Salon du Chocolat revient à Paris

La 31e édition du Salon du Chocolat et de la Pâtisserie ouvre le 28 octobre à Paris Expo Porte de Versailles — 240 exposants, un défilé de mode en chocolat, et une institution française qui traite le cacao comme un artisanat, pas comme un bonbon.

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J-9 : le Salon du Chocolat revient à Paris

Dans neuf jours, l’odeur du cacao torréfié s’emparera du hall 5 de Paris Expo Porte de Versailles. Le Salon du Chocolat et de la Pâtisserie ouvre le 28 octobre pour sa 31e édition, jusqu’au 1er novembre, avec une soirée d’ouverture le 27 octobre de 19h à 22h pour les détenteurs d’un accès spécial.

Le thème de cette année : « Le chocolat sous toutes ses formes ». Les chiffres donnent la mesure : 240 exposants venus de 30 pays, 500 intervenants, 40 démonstrations en direct, 230 ateliers culinaires. Il y aura des concours autour du chocolat chaud, du Paris-Brest et du pain au chocolat, ainsi qu’une exposition de bûches de Noël et de calendriers de l’Avent qui regardent déjà vers décembre.

Et puis il y a la tête d’affiche : le défilé de mode en chocolat. Des costumes en chocolat, sur un podium. Ça sonne comme un gadget, jusqu’au moment où on le voit. Et là, on comprend ce que c’est vraiment — un pays qui montre ce qu’il sait faire de ses mains.

Je vis en France depuis assez longtemps pour savoir que cet événement ne parle pas vraiment de chocolat. Il parle de ce que la France fait de tout ce qu’elle aime : elle l’institutionnalise, elle le note, elle le met en scène, elle le transmet. Il y a des masterclasses de dégustation. On parle du terroir du cacao comme on parle du vin — quelles fèves, quelle altitude, quelle torréfaction, quelle main sur la tempéreuse.

C’est là que le fossé France–États-Unis me frappe toujours. En Amérique, le chocolat vit dans le rayon des bonbons. C’est une économie d’Halloween, un cadeau de bas de Noël, un plaisir coupable avec un lapin de dessin animé sur la boîte. Personne dans la file d’un supermarché ne discute de la provenance de sa tablette au lait.

En France, le chocolat a un salon. Une institution de 31 ans, avec des ateliers, des jurys et des démonstrateurs. Les enfants y vont en sortie scolaire. Les adultes prennent des notes. C’est un artisanat, et l’artisanat ici se traite comme un service public — quelque chose qu’une société entretient ensemble.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : la France mange aussi beaucoup de chocolat ordinaire. Mais le Salon existe parce qu’assez de gens ici estiment que la différence entre un bon chocolat et un grand chocolat vaut un après-midi de votre vie. Cette conviction, partagée par des centaines de milliers de visiteurs, devient une culture.

Si vous êtes à Paris entre le 28 octobre et le 1er novembre, venez le ventre vide. Prenez les ateliers. Regardez travailler les pâtissiers. Et restez bien immobile pendant le défilé, parce que quelque part dans cette foule, quelqu’un aura exactement la pensée que j’ai eue ma première année : c’est la chose la plus française que j’aie jamais vue, et je ne veux jamais que ça change.

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