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Deux discours, une tribune : le grand écart de Macron et Trump à l'ONU

À quelques heures d'intervalle à l'ONU, Trump a revendiqué la victoire à Gaza et Macron a dénoncé un spectacle. Julien sur ce que chacun attendait de cette semaine.

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Mardi dernier, les Nations unies ont eu droit à un écran partagé. Donald Trump et Emmanuel Macron ont parlé depuis la même tribune, à quelques heures d’intervalle, de la même guerre. Ils ont décrit deux réalités différentes.

La version de Trump : son administration a mis fin aux combats à Gaza et ramené les otages. L’accord a été négocié en octobre 2025. En septembre, l’armée israélienne a confirmé avoir récupéré la dépouille du dernier otage encore détenu. Les 251 personnes enlevées le 7 octobre 2023 sont désormais toutes retrouvées — rentrées vivantes ou rendues à leurs familles. Dans une guerre qui a tué environ 1 200 Israéliens en un seul jour et, selon le décompte palestinien, plus de 66 000 Gazaouis en deux ans, c’est un résultat. Trump l’a dit, simplement.

La version de Macron : un spectacle. Le président français prononce ses discours d’adieu — il quittera ses fonctions au printemps prochain — et il en a profité pour dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Il a frappé du poing sur le pupitre. Il a dit que ces discours sur la paix devraient faire honte à ceux qui les écoutent, parce que selon lui, aucun couloir humanitaire vers Gaza n’avait rouvert.

Le problème pour Macron : l’argument des couloirs n’a pas survécu à la semaine. Les dépouilles d’otages qu’il semblait passer sous silence avaient déjà été retrouvées. On peut débattre de à qui revient le mérite — et on le fera pendant des années — mais « rien n’a changé », c’est difficile à défendre quand tous les otages sont rentrés.

Alors pourquoi ce discours ? Parce que Macron ne parlait pas vraiment de Gaza. Il parlait des trente dernières années de la politique étrangère européenne, et il la défendait sur le départ. Depuis les accords d’Oslo de 1993, l’UE à elle seule a versé plus de 6 milliards d’euros aux Palestiniens. Cet argent a acheté de l’influence à Bruxelles et des titres dans la presse. Il n’a pas acheté la paix. Le poing de Macron sur le pupitre, c’était le bruit d’un homme qui sait comment cette phrase se termine et qui l’a prononcée quand même.

Et Trump ? Lui non plus ne parlait pas vraiment de Gaza. Il parlait aux électeurs américains, à quelques semaines des midterms, d’une promesse tenue. Le bras de fer sur le diesel avec l’Europe cette même semaine — menaces, ultimatums, G7 en urgence — c’est le même message dans un autre costume : l’Amérique obtient des résultats, les alliés reçoivent des leçons.

Deux hommes, une tribune, deux publics. Les Français appellent ça un dialogue de sourds. Ça colle. Personne dans cette salle ne cherchait à convaincre l’autre. Chacun voulait juste s’assurer que l’Histoire retiendrait sa version en premier.

C’est le point commun des discours d’adieu et des discours de campagne. Ils ne parlent pas de la guerre. Ils parlent du récit.

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