Glossaire
Le cercle
Le cercle de lancer : le rond tracé au sol d'où tout joueur de pétanque doit jouer ses boules. Trente-cinq à cinquante centimètres de diamètre, deux pieds dedans, et toute la mène commence ici.

Cercle (n.m.) — à la pétanque, le rond d’où chaque joueur lance ses boules. Tracé au sol ou posé en plastique, d’environ 35 à 50 centimètres de diamètre, il est le point zéro de la mène : les deux pieds doivent rester à l’intérieur, sans mordre le bord, jusqu’à ce que la boule lancée ait touché le sol.
Le cercle est la plus petite institution du sport. Il n’a ni tribune ni gradins, mais tout le rituel de la pétanque y tient. On le trace d’un geste sec, on le vérifie du bout du pied, et on y entre comme on entre en scène. La règle est inflexible : un pied dehors pendant le lancer, et la boule est nulle. Les débutants le découvrent à leurs dépens, en se faisant rappeler à l’ordre par un silence poli ou par une remarque moins polie.
Il y a une poésie de l’immobilité dans le cercle. Tout le terrain fait des hectares de gravier, le cochonnet peut se trouver à dix mètres, mais le joueur, lui, est cloué dans ce petit rond. C’est de là que partent les pointages les plus délicats et les tirs les plus violents. Le contraste est l’essence du jeu : le geste est libre, le point d’appui est prisonnier.
Et puis il y a le moment où l’on efface le cercle. La mène est finie, on compte les points, et quelqu’un du pied gomme le rond — un petit nuage de poussière, et l’institution disparaît. La mène suivante commencera ailleurs, autour du nouveau cochonnet, avec un nouveau cercle. La pétanque n’a pas de terrain fixe : elle n’a que ce rond éphémère, tracé et effacé des dizaines de fois par après-midi, et c’est peut-être pour cela qu’elle ressemble si peu à un stade et tant à un village.
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