Glossaire
Pointer / Tirer
Placer en douceur ou tirer : chaque débat de politique publique est un choix entre les deux.

Chaque mène de pétanque pose la même question, et chaque parlement aussi : on pointe, ou on tire ?
Pointer — faire rouler sa boule pour qu’elle s’arrête près du cochonnet. C’est la politique de la proximité : ajuster le système, modifier le taux, amender le projet de loi, réformer à la marge. La vertu du pointeur, c’est la réversibilité. Rien ne casse. Le tableau est presque identique, juste un peu meilleur pour vous.
Tirer — éjecter la boule adverse hors du jeu. C’est la politique de la suppression : abroger, supprimer, repeal. La vertu du tireur, c’est la clarté. Quelque chose était là ; maintenant ce n’est plus. Le risque, chaque joueur de pétanque le connaît, c’est le contre : on rate, et on a dégagé la voie pour l’adversaire.
L’Amérique est une nation de pointeurs qui, de temps en temps, tirent de façon spectaculaire — un ajustement de santé ici, une décision de justice là qui réorganise tout le tableau en une nuit. La France est une nation de tireurs contraints, en grognant, de pointer — la grande réforme annoncée lundi devient, vendredi, un doux ajustement avec un communiqué de presse.
Le capitaine avisé sait ce que Washington et Paris oublient sans cesse : le pointage gagne les mènes, le tir gagne les parties, et on ne gagne pas une partie sans gagner des mènes.
Réformer, c’est pointer. Rompre, c’est tirer. Chaque gouvernement fait les deux et n’avoue ni l’un ni l’autre.
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