Pétanque
Le dernier National de l'année
Ce week-end à Cagnes-sur-Mer, 512 équipes disputent l'Europétanque des Alpes-Maritimes — le dernier grand National avant les Mondiaux de Thaïlande.

17 et 18 octobre, Cagnes-sur-Mer. Le dernier grand National de l’année. 512 équipes. Après, l’hiver.
L’Europétanque des Alpes-Maritimes est devenu ce que les anciens réclamaient depuis toujours : une clôture de saison avec de vrais enjeux. Ceux qui gagnent ici le portent tout l’hiver. Ceux qui perdent passent l’hiver à l’expliquer.
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Le favori
Dylan Rocher. Fréjus. Vainqueur de trois des cinq dernières éditions de ce tournoi. Voilà la phrase qui clôt la plupart des discussions sur le futur vainqueur.
Cette année, il revient avec l’équipe gagnante de l’an passé — Stéphane Robineau et Maison Durk. Ils connaissent ces terrains. Ils se connaissent. Les équipes reformées grincent parfois des gonds. Celle-là, non.
Rocher joue comme les champions jouent quand ils ne sont pas inquiets : il prend le point quand il y est, il tire quand il faut tirer, et il laisse les explications aux autres. À Cagnes, sur des terrains qu’il a déjà domptés, il part comme l’homme à battre.
Les challengers
Henri Lacroix ne perd pas ici en silence. Six fois il a remporté cette épreuve — six — et cet été il a ajouté un doublé au championnat de France. Il revient avec Ligan Doerr et Patrice Nièvre. Pas de Laurent Matraglia cette fois. C’est un changement, et les changements d’alchimie en triplette se voient vite sur les terrains de Cagnes, où le gravier est honnête et le vent ne l’est pas.
Lacroix est l’autre pôle de ce tournoi. Si Rocher est le présent, Lacroix est la preuve que le présent a été bâti sur quelque chose de plus ancien.
Dans le champ aussi : la triplette Bonetto–Feltain–Helfrick. Ce ne sont pas les favoris. C’est l’équipe que les favoris ne veulent pas croiser en seizièmes.
Tout se regarde sur BoulistenauteTV. Les diffusions sont gratuites, les commentaires sont partisans, et la foule autour des terrains principaux est exactement aussi bruyante qu’on l’espère.
Ce qui décide Cagnes, c’est rarement le tir. C’est le point sur la dernière boule, quand le terrain est creusé de sillons par une journée de jeu et que la tête est pleine. L’équipe de Rocher a l’avantage là-dessus parce qu’elle a déjà gagné ici, sur ces terrains-là. L’équipe de Lacroix a l’avantage de l’expérience de tout le reste — six titres n’arrivent pas par hasard. Si les deux triplettes se croisent, le vainqueur sera celui qui accepte le terrain comme il est, pas comme le manuel dit qu’il devrait être.
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Un mois avant la Thaïlande
Voilà ce qui donne son poids à ce week-end. Dans un mois, les championnats du monde s’ouvriront en Thaïlande, du 20 au 25 novembre. L’Europétanque est la dernière occasion de voir les prétendants au complet avant le long vol.
Deux sélections nationales ont fait parler cette semaine, et les deux méritent qu’on s’y arrête.
Madagascar a annoncé une sélection entièrement renouvelée, audacieuse. Aucun des joueurs retenus n’a d’expérience du triplette aux Mondiaux. C’est un pari — ou une déclaration. Parmi eux, Liva, champion de la zone Afrique 4. De la jeunesse, de la faim, aucune cicatrice. Parfois, c’est exactement ce qui gagne.
Le Sénégal a annoncé son équipe, emmenée par Fara N’Diaye, et le bruit qui court sur les terrains, c’est que cette équipe est un outsider sérieux. Le corridor sénégambien continue de produire des joueurs au poignet de fer et à la tête froide. N’Diaye est de cette trempe.
La sélection française, bien sûr, est celle à laquelle tout le monde à Cagnes va se mesurer. Un bon week-end ici, c’est une ligne sur le CV avant la Thaïlande.
Les clubs jouent aussi
Pendant que les stars se retrouvent sur la côte, le championnat des clubs tourne. Les qualifications de la CNC1 continuent ce week-end.
Domérat, dans l’Allier, mène la poule B et se déplace à Bassens, en Gironde. Les longs déplacements sont l’âme du championnat des clubs : un minibus, un dimanche matin, des terrains jamais vus.
Ronchin part au Relecq-Kerhuon, en Bretagne, pour un double week-end — Appoigny samedi, CSM Sully dimanche. Deux matchs, un voyage. C’est l’arithmétique de la CNC.
La règle du dernier National
Le dernier National a sa logique propre. Certains joueurs pensent déjà à la Thaïlande et jouent relâchés. Certains jouent leur hiver et jouent crispés. Ceux qui gagnent sont en général ceux qui ne font ni l’un ni l’autre — ceux qui jouent la boule d’après.
Cagnes-sur-Mer, 17 et 18 octobre. 512 équipes. Un vainqueur. Le gravier tranchera.



