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Pétanque

Jeudi, la Grèce

Les championnats d'Europe féminins seniors de pétanque débutent jeudi à Loutraki. La France arrive avec une équipe reconstruite, un nouveau sélectionneur, et tout à prouver.

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Jeudi, la Grèce

Jeudi matin, 9h30, à Loutraki, en Grèce : le premier but des championnats d’Europe féminins est lancé. Et la tireuse de la France s’appellera Nelly Peyré.

Retenez ce nom, parce qu’elle s’apprête à vivre la semaine la plus chargée de sa vie. Peyré a été rappelée au second tour de la sélection, et elle cumule : le tir de précision jeudi, la triplette à partir de vendredi. Double championne de France cette saison. On ne l’a pas prise pour faire de la figuration.

Voici l’équipe : Nadège Baussian-Protat, Sandrine Poinsot, Nelly Peyré, Toréa Tairio. Quatre joueuses, un nouveau patron — Ludovic Pereira, qui a repris le collectif féminin et annoncé cette sélection le 18 septembre. Pas de Philippe Quintais sur le banc. Aucun.

Le contexte ? Il y a trois semaines, cette équipe n’existait pas sous cette forme. Cindy Peyrot et Angélique Colombet — deux des plus grands noms de la pétanque féminine française — ont claqué la porte du collectif national à la mi-septembre, et tout s’est joué en public. Querelles d’egos, communiqués, le grand jeu. La fédération a reconstruit autour de quatre joueuses prêtes à partir au combat ensemble. C’est soit un désastre, soit le début de quelque chose. Réponse jeudi.

Le programme est un marathon. Mercredi soir, le tirage. Jeudi : défilé des nations à 8h30, puis qualifications du tir de précision à 9h30 et repêchage à 14h. Vendredi, le système suisse en triplette — cinq tours, de 9h du matin à 17h. Si vous n’avez jamais vu une journée de système suisse à la pétanque, imaginez un tournoi dans une fournaise qu’on appelle des qualifications. Samedi : quarts et demis du tir de précision le matin, phase finale de la triplette à partir de 14h. Dimanche : les demi-finales, puis la finale du tir à 14h15, puis la finale de la triplette à 16h15. Deux titres. Quatre jours.

Et maintenant les enjeux, sans détour. La France ne détient plus aucun titre européen chez les seniors féminines. Aucun. En triplette, la Belgique est tenante du titre et la France a pris le bronze en 2024. Au tir de précision, aucune Française n’a gagné depuis Charlotte Darodes en 2018. La dernière fois, Cindy Peyrot — oui, cette Cindy Peyrot — a perdu la finale du tir face à l’Espagnole Sara Díaz Reyes, qui l’a désormais remporté deux fois de suite, en 2022 et 2024. Elle sera à Loutraki.

Les rivales sont les habituées, plus quelques nouvelles. La Belgique en triplette. L’Espagne au tir. L’Italie et l’Allemagne arrivent, et gardez un œil sur l’Angleterre et la Suède — les nations émergentes n’émergent plus, elles sont là.

Voilà ce que je dis à mes joueurs avant un grand week-end : oubliez le bruit, jouez la boule qui est devant vous. Cette équipe de France n’a eu que du bruit depuis un mois. Si elles entrent dans ce boulodrome jeudi matin en ne voyant que le but, elles peuvent gagner. Le talent est là. Peyré est dans la forme de sa vie, Baussian-Protat et Poinsot sont des rocs, Tairio a été solide toute la saison et a décroché l’or aux Jeux méditerranéens.

Deux titres à reconquérir, comme dit la presse française. Moi je le dis plus simplement : quatre joueuses, quatre jours, et une occasion de faire taire tout le monde. Allez les Bleues.

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