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Pétanque

Deux Fanny, zéro point encaissé

À Loutraki, les Françaises ont ouvert les championnats d'Europe avec deux 13-0 et aucun point concédé. Gégé Lacroix sur ce que vaut un début parfait — et ce qu'il ne vaut pas.

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Deux Fanny, zéro point encaissé

Deux parties. Deux 13-0. Zéro point encaissé.

C’est comme ça que l’équipe de France féminine a ouvert les championnats d’Europe à Loutraki, en Grèce, vendredi : l’Écosse battue 13-0 le matin, la Bulgarie battue 13-0 dans la foulée. À la pétanque, un 13-0, ça s’appelle une Fanny. Deux d’affilée, c’est un message. Zéro point encaissé en deux parties, c’est ce qui fait trembler le reste du tableau.

Le quatuor français — Nelly Peyré, Nadège Baussian-Protat, Sandrine Poinsot et Toréa Tairio — n’a même pas eu besoin des mêmes joueuses deux fois. Peyré est restée sur le banc contre l’Écosse, elle qui avait disputé les qualifications du tir de précision la veille. Poinsot a pris le relais sur le banc contre la Bulgarie. Quand on peut faire tourner son équipe en plein championnat d’Europe sans concéder un point, c’est la profondeur de banc qui parle.

Un mot sur la Fanny, pour les néophytes : on lui a consacré toute une entrée du glossaire, à lire avant votre prochaine soirée au club. En résumé, perdre 13-0 est l’humiliation rituelle du sport. En infliger deux en une journée, ce n’est pas un hasard. C’est la différence entre une équipe qui joue bien et une équipe qu’on ne touche quasiment pas.

Restons mesurés, quand même. Ni l’Écosse ni la Bulgarie ne seront les matchs sur lesquels la France sera jugée. Le triplette européen se joue en système suisse, et l’adversité monte à chaque tour. Les parties au temps punissent les démarrages lents, et la France a fait exactement l’inverse — le match contre l’Écosse a été plié en quarante minutes. Mais les médailles se décident en octobre, à Loutraki, le week-end, contre les équipes qui gagnent vite elles aussi. Deux Fanny, c’est un début. Ce n’est pas un titre.

Pendant ce temps, Nelly Peyré mène un deuxième combat. Elle s’est qualifiée pour les quarts de finale du tir de précision avec 36 points, devancée seulement par la Turque Yağmur Tosun à 45. Les quarts, c’est samedi matin à Loutraki. La Turquie, soit dit en passant, est l’histoire que personne ne devrait négliger — après un Euro jeunes remarquable en début de semaine, les Turcs jouent comme une nation qui a décidé qu’elle appartenait au sommet de ce sport.

Et les jeunes sont déjà rentrés avec la preuve. La France a quitté Loutraki mardi avec deux titres européens, et avec l’argent de Dawson Herlemann au tir de précision — le prodige de 15 ans auteur d’un 59 en qualifications, battu de justesse en finale 47-58 par l’Italien Nicolò Dagati. La relève est assurée. La question était de savoir si les seniors tiendraient leur rang. La réponse de vendredi : bruyamment, oui.

Le triplette continue tout le week-end. La France a joué deux parties et n’a rien cédé. À la pétanque, c’est tout ce qu’on peut demander à un vendredi. Le terrain sera toujours le terrain samedi.

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