Publicité

Pétanque

La France brille à domicile : la dernière Europétanque de Cagnes-sur-Mer

L'équipe de France a battu Lacroix, Doerr et Mièvre 13-9 en finale dimanche à Cagnes-sur-Mer — la dernière Europétanque avant le retour de l'événement à Nice — et l'équipe des Mondiaux monte en puissance à un mois de l'échéance.

pétanquecompétitionsfrancejoueurs

La France brille à domicile : la dernière Europétanque de Cagnes-sur-Mer

Dimanche soir, à l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer, sous les projecteurs, c’était fini. Henri Lacroix, Ligan Doerr et Patrice Mièvre menaient 3-0, puis 7-3, puis 9-3. La finale de l’Europétanque échappait à l’équipe de France.

Sauf que non.

Mickaël Bonetto, Christophe Sarrio et Ludovic Montoro sont revenus point par point, jusqu’à 9-11 à l’entame de la dernière mène. Et puis Bonetto a fait le coup dont il parlera le reste de sa vie : un tapé-gagné, après un bouchon favorable, pour conclure à 13-9.

Montoro a livré un match énorme. Énorme. Avec notamment un bouchon au moment clé, celui qui maintient les siens en vie quand tout semblait perdu.

Le bonhomme est d’ici. C’est son terrain. Et c’est son premier titre à l’Europétanque.

Bonetto, lui, connaît l’autre versant. Il avait déjà échoué deux fois en finale de l’Europétanque. Dimanche, l’attente s’est terminée.

Sarrio a tenu la machine toute la journée, régulier comme toujours. Et une pensée pour Yohan Cousin, le quatrième homme, aux premières loges sur le banc. C’est la vie du quatrième : on gagne le titre aussi, et on ne lance jamais une boule.

Pourquoi cette finale compte au-delà de Cagnes : le trio qui a soulevé le trophée dimanche, c’est l’équipe que la France enverra aux Mondiaux en Thaïlande, du 20 au 25 novembre. À un mois de l’échéance, ils ont trouvé la forme à domicile.

Leurs adversaires racontent l’autre moitié de l’histoire. Lacroix n’a pas été sélectionné pour les Mondiaux, dans le sillage d’une affaire de paris sportifs qui l’a suivi toute la saison. Doerr s’est mis en pause avec les Bleus, de son propre choix. Les finalistes de dimanche étaient donc trois grands joueurs, alignés pour eux-mêmes, pas pour la France — et ils ont failli gagner quand même.

Ça, c’est la pétanque. Entre l’équipe nationale et trois champions qui se présentent le jour J, la différence tient parfois à une seule boule.

Le reste du week-end a aussi souri aux outsiders. Les champions en titre Rocher, Robineau et Durk — vainqueurs de trois des cinq dernières éditions — ont été sortis en seizièmes par la triplette de Diego Rizzi. Personne ne l’avait vu venir. On ne le voit jamais venir, et c’est tout le sel des seizièmes.

Et vendredi, à Nice, la finale du tir de précision a offert un coup de tonnerre : Lacroix, battu par un challenger. Dans ses bons jours, Lacroix tire comme personne. Vendredi n’était pas un bon jour, et quelqu’un d’autre était prêt.

Les favoris ont trébuché, l’équipe des Mondiaux s’est levée. À un mois des Mondiaux, c’est exactement la phrase que la pétanque française avait besoin d’écrire.

Il y a un adieu, aussi. C’était la dernière Europétanque à Cagnes-sur-Mer. L’an prochain, l’événement retourne à Nice. Cagnes l’a accueillie, l’a fait grandir, et l’a saluée avec une finale passée de 9-3 à 13-9 en une soirée.

Certaines finales, on les retient pour le trophée. Celle-ci, on la retiendra pour la mène qui l’a retournée.

Un bouchon. Un tapé-gagné. Un héros local pour son premier titre. L’équipe des Mondiaux qui trouve ses marques.

Voilà le jeu. On croit que c’est fini à 9-3. Ce n’est jamais fini à 9-3.

Publicité