Pickleball
La ruée vers l'or du pickleball pro
Deux ligues rivales, des milliardaires propriétaires, des droits télé. Le pickleball est devenu pro en un quart d'heure.

La pétanque a mis un siècle à bâtir un circuit professionnel. Le pickleball l’a fait entre le petit-déjeuner et le déjeuner. L’ère professionnelle du sport est arrivée comme une ruée vers l’or : le PPA Tour (fondé en 2019) et la Major League Pickleball (2021) — cette dernière avec un format par équipes, une draft et des propriétaires comme LeBron James et Tom Brady — ont fusionné en 2023 en une entité unique adossée à des centaines de millions de dollars.
Le calendrier tourne désormais toute l’année : les étapes du PPA Tour à travers l’Amérique, l’APP Tour comme circuit de développement, et l’US Open de pickleball à Naples, en Floride — le Wimbledon du sport, si Wimbledon avait des food trucks et une terrasse festive. Les gains, autrefois de quoi payer l’essence, font aujourd’hui vivre, et les meilleurs pros sont des athlètes à plein temps avec entraîneurs, agents et contrats de sponsoring.
À l’international, le jeu sprinte : des fédérations dans des dizaines de pays, une candidature olympique pour 2032, et une scène européenne en pleine croissance — dont la France, où les premiers clubs convertissent les boulistes curieux un dink après l’autre.
Le contraste avec le circuit de la pétanque raconte toute l’histoire en miniature. Le Mondial la Marseillaise a grandi en des décennies depuis la tradition villageoise ; le PPA a été capitalisé comme une start-up. Un sport s’est professionnalisé par accident, l’autre par levée de fonds. Tous deux poursuivent désormais le même rêve : cinq anneaux, le prime time, et une génération d’enfants qui grandiront en se disputant sur les règles.
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